Jean Mambrino

Je me souviens de mes lectures de Jean Mambrino. A la lumière des feux, dans les campements touaregs du Niger et du Burkina. Je m’y préparais avidement, le soir, après les longues méharées.
Délesté de tous mes bagages, fourbu de soleil et de silence, je me retrouvais au bord du feu crépitant. Tandis que mes amis procédaient à la rapide préparation du thé, j’engageais mes lentes lectures, sirotant les mots mêlés au thé âpre de mes compagnons. Je me laissais ainsi parfois surprendre par la nuit poudrée d’étoiles…
Jean Mambrino parlait en moi comme la plus essentielle voix. Comme ces êtres qui dansent dans les clairières mais disparaissent dès lors que nous apparaissons. Plusieurs fois, seul dans la savane, j’ai rencontré inopinément des biches sauvages. Comment dire la nuptialité de ces quelques infimes secondes d’éternité où nous nous surprenions du regard ? Je retrouve ces instants dans la saveur de ces poèmes au goût d’humus et à la fine dentelle d’éternité.
“La Terre boit l’aube tranquille,
frottée de sauge,
Et ton âme aussi nue que l’eau vive
admire ce silence
qui efface jusqu’au souvenir du vent,
mais sauve en toi l’annonce d’une beauté
dont les traces sont encore à venir…”
La lecture de Jean Mambrino a constitué mon bréviaire poétique, ma baguette de sourcier des courants indicibles, m’appelant à l’écoute des tressaillements du Sens qui animent les vents de sable, la goguenardise des camélidés et la fraternité rude de mes amis trafiquants.
Je voulais dire à Jean Mambrino, combien sa parole me fut source dans la solitude de ces années sahéliennes, et combien il s’harmonisait bien, ce Haut chant de l’âme, avec la fraîcheur des matins clairs de savane.
Bonsoir M. Assan Aslafy
Je n’ai pas l’occasion de voyager ni dans le temps, ni dans l’espace. Je voulais juste vous remercier pour ce texte que vous me permettez de lire, sur Jean Mambrino, en m’envoyant cet e-mail. J’étais pour quelques instants avec vous, dans ce silence et dans l’immensité de ce ciel étoilé…. dans ce campement de touaregs. Un instant de paix et de communion.
Merci aussi pour tout le reste, j’aime vous lire même si je ne comprend pas tout, mais mon âme capte totalement la dimension dans laquelle vous vous trouvez. Merci aussi pour le texte écrit sur Olivier Clément. A ce propos, savez-vous comment je peux me procurer les textes des émissions qui sont passées à la télévision sur l’Ascension et le Notre Père dans le Jour du Seigneur, émission consacrée à l’orthodoxie ?
Au plaisir de vous lire, si toutefois vous avez l’occasion de lire ces quelques lignes….
Marie-Anne HERINK
Merci Marie-Anne pour votre commentaire. Pour les émissions en question transmettez moi votre email. Il se pourrait que je trouve les émissions en question.
Hassan